• Histoire du Collège

     

    LE COLLEGE  D’ERPENT

    L’histoire

     

    1610-1773 : l’ancien Collège 

     

     C’est en 1610 que les jésuites se sont établis à Namur. En réalité, les tractations pour la fondation d’un Collège de Jésuites commencent en 1601. Beaucoup y sont intéressés. C’est ainsi que le Chanoine Hercule de Jamblinnes laisse au futur Collège sa grande maison de la rue de la Marcelle, le Chanoine Gilles Monin, une maison rue de la Croix. La ville cède une partie de la troisième enceinte de la vieille tour Baduel.

     Quelques pères s’installent mais ils ne pourront commencer leur enseignement que plus tard. Les cours débutent le 8 octobre 1610, avec 350 élèves. En 1617, le Collège compte 500 élèves ; les locaux vieux et exigus ne répondent plus aux exigences d’un grand Collège.

     Dès 1614, on commence à bâtir, et très rapidement, le quadrilatère qui constitue aujourd’hui l’Athénée Royal. Il est également temps de construire une église assez spacieuse pour contenir à la fois les élèves et un public nombreux. Le gros œuvre de l’édifice est achevé en 1641 ; l’église, Saint-Ignace, actuelle église Saint-Loup, sera consacrée en 1645.

     

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     En 1773, le gouvernement de l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche entérine la suppression de la Compagnie de Jésus. Les Pères jésuites doivent partir.

     L’Etat reprend le Collège sous la dénomination de Collège Royal des Humanités.

     Mais très vite, l’école périclite.

     Il faudra attendre 1817 pour que l’Athénée de Namur y ouvre ses portes.

     

    Une journée scolaire en 1640

     Le premier coup de cloche varie selon les mois de l’année.

     Durant les mois d’obscurité, c’est-à-dire de la Toussaint à la Purification (2 février), la première sonnerie retentit à 7h30. Les élèves se rendent alors à l’étude et y récitent leurs leçons. A 8h, on rentre en classe.

    Durant les mois de clarté, c’est-à-dire de la rentrée à la Toussaint et du 2 février au 15 septembre, on anticipe d’une demi-heure.

     Les classes de la matinée durent deux heures et demie. A 10h ou 10h30, les élèves se rendent à l’église pour l’Eucharistie. Pour les Pères, le repas de communauté est fixé à 11h, suit ensuite la récréation.

     Il en est de même pour les pensionnaires, mais à Namur, contrairement à Mons, les élèves sont externes.

    L’après-midi, le premier coup de cloche est donné à 13h. Les élèves se rendent à l’étude jusqu’à 14h. Deux heures et demi de classe suivent, mais les matières semblent plus facilement morcelées en exercices, répétitions, concertationes. Selon le coutumier de 1640, la classe s’achève à 16h30.

     Le samedi, l’horaire est différent pour tout le monde. L’après-midi, il n’y a que deux heures de classe. La dernière demi-heure du samedi est consacrée à l’instruction religieuse dans toutes les classes.

     Les élèves ont des devoirs à effectuer chez eux. Pour tous, le thème grec est donné le vendredi.

     « Petite anecdote » : le latin est la langue obligatoire, même durant les récréations.

     

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    L’année scolaire au XVIIe siècle

     L’année scolaire commence à la Saint-Remi, le 1er octobre, par une célébration solennelle de l’Eucharistie. Les maîtres y communient ; les élèves et même leurs parents y sont conviés.

     La semaine est toujours coupée au moins d’un demi-jour de congé, dies vacationis, normalement le mercredi.

     Les congés scolaires :

      •  De la veille de Noël jusqu’au 1er janvier
      • Du samedi-Saint au 1er dimanche après Pâques
      • Deux jours avant le Carême
      • Deux jours après la Pentecôte
      • L’une ou l’autre fête (la Fête-Dieu, la Saint-Ignace…)

     

      • Les fêtes locales qui peuvent interrompre le cours ordinaire des classes et qui sont plus nombreuses que de nos jours.

     

     

     1831-1971 : Le Collège de la rue de Bruxelles

     

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     En 1827, 54 ans après la suppression de 1773, quatre Jésuites reviennent à Namur.

     Ils doivent agir discrètement car ils sont recherchés par la police hollandaise.

     Mais la liberté d’enseignement est rétablie dans la Belgique indépendante.

    Le 1er mai 1831, les Pères Méganck et Waldack réinstallent à Namur, dans les anciens bâtiments de l’abbaye bénédictine de la Paix Notre-Dame l’ancien Collège qui s’appellera dorénavant «  Collège Notre-Dame de la Paix ».

     Au premier jour sont inscrits huit élèves ; ils seront 69 pour la rentrée de septembre 1831,108 en 1832, 220 en 1837.

     Jusqu’en  1838, le Collège ne recevra que des internes mais, finalement, cédant aux instances de l’évêque de Namur, Mgr de Hesselles, les Pères accueilleront aussi des externes.

     Cela va davantage donner aux jeunes Namurois la possibilité de se rendre dans cette école.

     Très tôt on a des classes d’enseignement primaire préparant à l’enseignement moyen, la 10e,la 9e, la 8e, la 7e, mais il faudra attendre 1950 pour que la section primaire obtienne une autonomie complète avec son premier directeur, M. Lelivre, à qui succèderont Messieurs Lambert, Deleuze, Sacré et actuellement M. Philippe Fabry.

     En 1843, Le Roi Léopold Ier, accompagné de la Reine Louise-Marie et du nonce Mgr Pecci, le future Léon XIII et grand ami du Collège et des Facultés, viendra visiter le nouvel établissement et dira publiquement combien il apprécie l’éducation qui y est donnée.

     En fait, les règlements sont sévères et ils le resteront longtemps encore.

     La guerre 1914-1918 sera une terrible épreuve pour le Collège : 189 élèves et anciens donneront leur vie pour la patrie.

     En 1923, des enfants russes, chassés de leur pays par les Soviets, arrivent à Namur.

     Ils suivront les cours du Collège et logeront à l’internat Saint-Georges, dans l’artère qui deviendra plus tard l’avenue Reine Astrid.

     En septembre 1927, les internes quittent Namur pour aller à Godinne où on  a construit un nouveau Collège spécialement à leur intention.

     Néanmoins, malgré ce départ, la progression du nombre d’élèves continue.

     

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     Arrêtons-nous à une année prise au hasard : 1860-1861. Le Collège compte alors trois sections, une section d’études industrielles et commerciales, une section d’humanités et un cours préparatoire aux deux sections, sans compter les 50 étudiants du cours supérieur (Facultés).

     N’allons pas croire que l’époque soit frivole. Parcourons par exemple le règlement de 1867. C’est bien simple, aucun élève aujourd’hui n’accepterait pareil régime.

    Quelques jours de congé à Pâques et à Noël, congé que les internes passeront au collège ; les grandes vacances commencent après le 15 août et la rentrée a lieu le premier mardi d’octobre. Les horaires de l’année scolaire dépendent de la vie de l’internat. Pauvres externes ! Lorsqu’il y a une journée de congé et c’est rare, ils doivent venir au collège comme les autres jours. La matinée sera consacrée à des cours dits d’agrément : dessin, escrime, langues, sciences… L’après-midi, ils iront en promenade avec les internes sous la conduite d’un surveillant, et le soir, étude au collège. La journée du dimanche connaîtra à peu près le même programme mais avec une variante : deux messes le matin, une messe de communion vers 7 heures et une messe chantée un peu plus tard, vêpres au milieu de l’après-midi et salut (court office) à la fin de l’étude du soir. Et ce n’est pas tout. Les internes ont une étude de six à sept heures trente tous les matins. Les externes ne sont pas épargnés : leurs parents doivent veiller à ce que leurs enfants soient à l’étude, chez eux, à la même heure. Les internes se sont levés à cinq heures et trente minutes plus tard, ils assistent à la messe. Une longue journée de travail va commencer pour se terminer à vingt heures trente (vingt heures en hiver) par les prières du soir et le coucher.

      

     Le collège à Erpent depuis 1971

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     Erpent : de 1971 à aujourd’hui

     En 1965, le Collège a 800 élèves et les bâtiments dont devenus trop étroits. La congestion menace. L’université cherche elle aussi à s’agrandir.

    La Compagnie de Jésus hésite à garder tous ses collèges et celui de Namur est fortement menacé. Les bâtiments sont vétustes et il est impossible de s’étendre.

     Recteur du Collège et des Facultés, le Père A. Wankenne soulève la question et suscite des pistes de recherche.

     Son successeur, le père Boné est persuadé qu’il faut sortir de la ville. On pense à Amée, au Val-Saint-Georges, à Bouge. Finalement, sur les conseils de Monsieur A. Humblet, l’attention se porte vers Erpent.

     Ce village offre des nombreux avantages : l’accès est relativement facile et cette région du sud-est de Namur sera, dans les années à venir, appelée à connaître un remarquable développement.

     Le père Guy de Marneffe, futur recteur, a été chargé de repenser toute la pédagogie du Collège. Il s’informe, il va voir ce qui se passe en Belgique et à l’étranger. Il rencontre des parents. Une conclusion s’impose peu à peu : un collège moderne doit être mixte.  C’est la première option qui est prise après de longs mois de réflexion ; une seconde option s’impose également : le régime disciplinaire doit être conçu d’une manière et l’école doit davantage tabler sur l’éduction à la liberté.

     Un peu plus de six hectares sont acquis sur le plateau d’Erpent, ces mêmes terrains autrefois propriété de l’Abbaye de Géronsart et qui avaient failli être donnés en 1610 pour payer des frais de construction du Collège de Namur ; l’histoire a de singuliers rebondissements.

     C’est en 1968 que le Père provincial et Monseigneur Charrue, évêque de Namur, approuvent le transfert à Erpent et la mixité.

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     La construction du bâtiment principal se termine un an plus tard.

     Le Collège peut donc ouvrir ses portes en septembre 1971. La salle des sports sera prête en mai 1972 tandis que les bâtiments de l’administration et des primaires ne seront utilisables qu’en 1977.

     Pour sa première rentrée scolaire, le Collège accueille 1130 élèves ; il en comptait 875 deux mois auparavant. Neuf Jésuites, deux en primaire et sept en humanités coopèrent à la vie active de l’école.

    Aujourd’hui, le collège dénombre plus de 1100 élèves ainsi que 145 professeurs…Plus aucun jésuite ne compte parmi les enseignants.

     

    Le Collège d’Erpent dans les années 70 et 80 :

     

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     Le « rénové » est mis en route en septembre 1978 : le Père Guy de Marneffe a été remplacé par le Père Marc Collèye, et Monsieur André Ligot devient sous-directeur en 1974.

     Avec le « rénové », diverses options de base sont offertes aux élèves.

     Dans le type I (de la première à la quatrième année), on peut choisir à l’époque : arts, latin, sciences, biotechnique en deuxième année. Puis en 3e et en 4e ce seront : activités tertiaires (qualification), scientifico-techinque(option groupée), arts d’expression, sciences sociales, sciences économiques, mathématiques, sciences, éducation physique, 2e et 3e langues modernes, latin, grec.

     Dans le type II (5e et 6e année), on trouve : latin-grec, latin-mathématiques, latin-sciences, scientifique A et scientifique B.

     En primaire, M. Marcel Lambert assure la mise en route d’une réforme proposée par M. Christian Deleuze, alors titulaire d’une classe de 5e et qui lui succèdera comme  Directeur de l’école primaire en 1982. Cette réforme, présentée aux parents, vise à une plus réelle formation personnelle de chaque enfant. C’est Monsieur Charles Sacré qui succède à Monsieur Deleuze en 1993. Il quittera ses fonctions en 2001 pour laisser le poste à Monsieur Philippe Fabry.

     Depuis 1971, les instituteurs de l’époque reçoivent la collaboration de maîtres spéciaux (actuellement, il y a plusieurs professeurs par branche spécialisée), pour l’éducation physique, pour la formation religieuse.et pour l’apprentissage précoce en néerlandais dès la 1ère année primaire (projet en cours depuis 2006).

     Dans le même souci d’harmoniser l’enseignement, les titulaires se sont réparti entre eux les disciplines d’éveil (histoire, géographie, sciences) et les disciplines éducatives (dessin, lecture et chant). Cette répartition n’est plus d’actualité aujourd’hui.

     En humanités, le Père Marc Colleye, souffrant d’ennuis de santé, est provisoirement remplacé par le Père Christian De Deckere.

     Monsieur Guy Carpiaux prend la relève en 1981, quelques mois avant le décès brutal du Père Jacques Daiche, préfet des humanités durant presque 25 ans (1982). En 2006, Monsieur Stéphan de Brabant prend la direction des humanités.

     Venu de Godinne où il était titulaire de Rhétorique, le Père Albert Schmitz dirigera la Préfecture d’Education pendant 11 ans, jusqu’en juin 1993. Monsieur Jean-Pierre Marinx occupe ensuite la fonction.

     Entretemps, M. André Preudhomme a succédé à M. André Ligot comme sous-directeur des humanités. Il restera sous-directeur jusqu’en 2005.

     M. Guy Carpiaux devient échevin de la Culture et du Tourisme à Namur en janvier 1989 et laisse sa place de Directeur à M. Jacques Sibille en 1990.

     D’importants mouvements sociaux lors de l’année scolaire 1990-1991 (les grèves dureront de longues semaines) entraîneront une grande crispation dans la communauté éducative du Collège.